Nicolas Tavernier, l’anthroposophie en héritage

Nicolas Tavernier, l’anthroposophie en héritage

Dans un article paru en novembre dernier de Tribune de Lyon, « Quel est le problème avec l’anthroposophie ? », Nicolas Tavernier rejette preuves et témoignages de plus en plus accablants d’un endoctrinement à l’anthroposophie [1] au sein des écoles Steiner-Waldorf :

Ancien élève d’une école Steiner, ce dernier est également le fils de Janine Tavernier, présidente de 1992 à 2001 de l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu (Unadfi), engagée auprès des victimes de diverses sectes. “Je sais ce qui est une secte et ce qui n’en est pas une. Les sectes, les vraies, c’est la Scientologie, le Mandarom”

Nicolas Tavernier, Tribune de Lyon (n°886), 7 déc. 2022

Le fait d’être “fils de” donnerait certaines compétences. Les connaissances seraient donc “héréditaires”. C’est bien l’argument pour le moins étonnant de Nicolas Tavernier.

Le président de l’ANPAPS (Association Nationale pour la Promotion et l’Avenir de la Pédagogie Steiner-Waldorf) s’appuie abondamment sur cet argumentaire afin de nier tout endoctrinement et retoquer tout questionnement ou critique concernant le caractère sectaire inhérent au mouvement anthroposophique.

Quelques exemples :

[…] moi qui connaissais bien cette pédagogie pour l’avoir vécue, et qui connaissais également la problématique des sectes en tant que fils de Janine Tavernier, ancienne présidente de L’UNADFI.

Site internet ANPAPS

Et, si je ne suis pas un fin connaisseur de l’anthroposophie, je m’y connais un peu mieux en ce qui concerne les sectes, étant le fils de Janine Tavernier qui a présidé vingt années durant à la lutte contre les sectes.

Le Point, 11 juin 2019

D’autant plus choqué que, étant le fils de Janine Tavernier, ancienne présidente combative de l’UNADFI, je sais ce qu’est une secte et ce qui n’en est pas une.

Touteduc, 25 Nov 2020

Président de l’ANPAPS, une association de promotion de la pédagogie Steiner. Fils de Janine Tavernier, ancienne présidente de l’Unadfi, […] J’ai vu défiler les victimes de sectes que ma mère aidait. Quand j’ai vu qu’on traitait les écoles Steiner de “secte”, j’ai décidé de réagir. Une secte, ce n’est pas ça !

Le Monde, 14 juil. 2021

Une association de gestion de réputation

L’ANPAPS, Association Nationale pour la Promotion et l’Avenir de la Pédagogie Steiner-Waldorf (anciennement APAPS, qui n’était alors qu’une simple : Association de Parents et Amis pour le soutien et la promotion de la Pédagogie Steiner-Waldorf) se transforma en 2001 en réponse aux nombreuses enquêtes et critiques dénonçant le caractère sectaire du mouvement anthroposophique, dont celui de la commission d’enquête parlementaire sur “Les sectes et l’argent” de 1999, suivi en 2000 du rapport de la Mils (actuellement Miviludes).

La plupart des membres de l’ANPAPS proviennent essentiellement de l’école Steiner-Waldorf de Perceval de Chatou, ainsi que celle de Verrières-le-Buisson (dont Virginie Macé qui avait intenté un procès pour diffamation en 2019 contre Grégoire Perra, en parallèle à celle de la Fédération Pédagogie Steiner-Waldorf [2]).

Parmi les membres créateurs on retrouve Jean Poyard qui, pendant longtemps, a été son président, ainsi que le directeur de publication du journal “123 Soleil” de la pédagogie Steiner-Waldorf. 

Il est aussi un haut dignitaire de la Société Anthroposophique Universelle puisqu’il fut directeur de la section française des Belles-Lettres (possédant des mantras particulièrement sacrés donnés par Rudolf Steiner [3]) de l’École de Science de l’Esprit du Goetheanum.

Jean Poyard entretient des liens avec d’autres mouvements spiritualistes controversés. Notamment avec la Rose-Croix d’Or où il donna une conférence en 2017, mais aussi avec la Nouvelle Acropole (dont la Miviludes et les associations d’aide aux victimes alertent fortement concernant ce mouvement) où il donna une conférence en septembre de cette année.

Ce fut en 2019, suite aux témoignages de Grégoire Perra, que Nicolas Tavernier s’engagea à promouvoir officiellement la pédagogie anthroposophique et prit la présidence de l’association :

Il y a un peu plus de deux ans maintenant, je me suis retrouvé à m’engager aux côtés des écoles Steiner suite à un interview délirant de Monsieur Grégoire Perra paru dans le Point, interview qui m’a poussé lui aussi à réagir (dans ce même magazine), pour deux raisons. Tout d’abord, parce que je connais bien la pédagogie Steiner (pour l’avoir vécue) mais aussi parce que je connais également la problématique des sectes (à laquelle M. Perra associe toujours ces écoles) pour être le fils de Janine Tavernier, ex-présidente de l’Unadfi.

Nicolas Tavernier, droit de réponse de l’ANPAPS à Jacques Monin de France Inter, 5 sept. 2021

C’est à partir de ce moment que l’ANPAPS devient pleinement un outil de gestion de réputation.

Février 2020 elle lancera un appel, relayé par la Fédération Pédagogie Steiner-Waldorf ainsi que par toutes ses écoles, afin de récolter des témoignages élogieux de parents et d’anciens étudiants pour ainsi défendre l’image de ces établissements.

Parmi les témoignages favorables à ces écoles, il ne sera pas étonnant d’y découvrir un nombre conséquent d’anciens élèves qui se trouveront aussi être des fils et des filles de professeurs Steiner-Waldorf, sans que cela soit mentionné, ou des personnes travaillant actuellement dans l’une ou l’autre des institutions de l’Anthroposophie.

benjaltf4, 7 fév. 2020

Cet appel à témoignages à pour but de :

contrecarrer un mouvement (critique) mortifère […] par des personnes fragiles ou totalement ignorantes

appel à témoignages de l’ANPAPS par Nicolas Tavernier

Une stratégie de communication qui tente par là même de rabaisser les victimes, n’hésitant pas à les qualifier de délirants, fragiles ou ignares faisant des témoignages pourris :

Le rapport de la Miviludes ne s’appuie que sur le témoignage de monsieur Perra alimenté par trois ou quatre témoignages pourris et anonymes

Nicolas Tavernier, Tribune de Lyon (n°886), 7 déc. 2022

Nous pouvons être surpris que l’écoute et le respect aux victimes (qui ont fait preuve de courage en témoignant), ainsi que “les connaissances héritées” par monsieur Tavernier, soient des valeurs étouffées par l’engagement aveugle de protéger et pérenniser une pédagogie et son dogme dont la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) alerte sur les dangers de dérives et d’entrisme

Hallebarde à l’épaule, le président de l’ANPAPS semble être parti en croisade de décrédibilisation notamment à l’encontre de l’ancien enseignant Steiner-Waldorf et anthroposophe devenu lanceur d’alerte, Grégoire Perra. Manœuvre particulièrement flagrante lorsqu’il véhicule un obscure “signalement” d’attouchement (aussi propagé par la Fédération Pédagogie Steiner-Waldorf) et pour lequel aucune plainte n’a jamais été déposée.


Allégation rejetée avec fermeté par l’intéressé :

Pour ma part, je démens catégoriquement ces accusations d’attouchement et je rappelle qu’aucune plainte n’a été déposée contre moi, ce qui signifie que la présomption d’innocence s’impose doublement. […] Mais cette accusation totalement infondée n’a d’autre but que de salir ma réputation pour couvrir les agissements d’une secte.

Grégoire Perra, Vérité sur les écoles Steiner-Waldorf

Entrisme anthroposophique à l’UNADFI ?

Étant donné que Nicolas Tavernier utilise le parcours professionnel de sa mère pour la défense de la pédagogie anthroposophique, il semble judicieux de faire un tour dans le passé. En espérant que monsieur Tavernier n’en prenne pas trop ombrage.

Janine Tavernier assura la présidence de l’UNADFI à partir de 1992. Elle contribua à lui donner une grande visibilité médiatique et à faire connaître le problème sectaire.

Cependant, lorsqu’en 1999 sortit le rapport sur “les sectes et l’argent” par la commission d’enquête parlementaire qui s’intéressa au mouvement anthroposophique, son sang n’aurait fait qu’un tour et elle serait devenue une farouche défenseuse et prosélyte de l’anthroposophie au sein des ADFI.

Une mention qui aurait rendu Janine Tavernier “folle de rage”. Les associations reçoivent à l’époque de nombreux témoignages sur l’anthroposophie, notamment sur les écoles Steiner, ce qui aurait fortement déplu à la présidente de l’UNADFI. Celle-ci se serait alors employée à faire la tournée des antennes locales récupérer les dossiers à ce sujet.

“Ce qui m’ennuyait, c’était l’objectivité qu’elle pouvait avoir en tant que personne qui défendait ses intérêts de croyante. J’ai reconnu en Janine Tavernier une victime de bonne foi qui voulait redorer le blason de l’anthroposophie. Pour moi, elle était sous emprise. Elle a fait de l’entrisme, elle est allée partout, elle en a parlé à des réunions nationales. Moi, je n’ai pas été docile. Je ne pouvais pas, en tant que présidente d’association, remettre à une personne endoctrinée des dossiers de familles en souffrance.”
— raconte une ancienne présidente d’une des ADFI locales

Le nouveau péril sectaire, par Jean-Loup Adénor et Timothée de Rauglaudre, édition Robert Laffont, 2021

En 2001 juste après avoir pris congé de la présidence de l’UNADFI pour raisons “politiques et spirituelles”, elle témoigna dans le magazine Technikart, s’inquiétant “d’une atmosphère de chasse aux sorcières (au sein de l’UNADFI) qui peut conduire à une confusion générale, voire à certaines bavures”. Elle y explique par la même occasion que sa fille est éducatrice spécialisée Steiner-Waldorf, et que ses petits-enfants, tout comme ses enfants avant eux, ont aussi été scolarisés dans des établissements anthroposophiques.

Il y a toute une équipe de personnes qui ont envie de s’intéresser aux doctrines et aux philosophies. Moi, je n’y tiens pas. Je suis rentrée à l’association justement parce qu’on ne s’occupait pas des doctrines ni des croyances. On ne s’occupait que des victimes de groupes totalitaires. […] Je trouve cela anormal qu’elles (les écoles Steiner-Waldorf) soient cataloguées comme sectes et que l’on me reproche de les soutenir car mes petits-enfants y sont éduqués. […] Toutes ces rumeurs sont inadmissibles et je ne veux pas jouer à ce jeu-là. Moi je me sens tout à fait libre, je n’ai aucune croyance, aucune philosophie. Il faut faire la différence entre les nouveaux mouvements religieux et les sectes. Les premiers tout à fait respectables tandis que les secondes sont nocives.

Chasse aux sorcières ?, magazine Technikart n° 57, nov. 2001

Cinq ans plus tard, elle revient sur cette controverse et les raisons de son départ dans le journal Le Monde :

En 2001, je sentais qu’on s’engageait dans une chasse aux sorcières. Plusieurs dérapages ont eu lieu. On m’a reproché de mettre mes enfants dans une école Steiner, ce que, d’ailleurs, je ne regrette pas. Alain Vivien, alors président de la MILS, a commencé à attaquer l’anthroposophie, qui inspire les écoles Steiner. Pour ma part, je n’ai aucune attache philosophique, dogmatique, politique ou religieuse. Je suis libre et c’est bien ce qui dérange tout le monde ! J’ose à peine dire que je me soigne à l’homéopathie…

Janine Tavernier, Le Monde, 16 nov. 2006

Affirmant ainsi que l’association qu’elle a présidé pendant presque une décennie, s’éloigne de sa mission d’aide aux victimes. Qu’elle se fourvoie en s’écartant de son éthique en ne se concentrant pas pleinement sur les agissements et les comportements qui portent gravement atteinte à la liberté ou à la dignité de la personne humaine, mais aussi sur l’étude de dogmes et la critique de croyances.

La même année, elle préfaça le livre de Serge Toussaint, grand maître de l’AMORC (ordre des Rose-Croix), allant encore plus loin dans la critique de l’UNADFI et de ses ADFI affiliées.

J’ai toujours été sensible aux risques de dérapage que les ADFI elles-mêmes auraient pu commettre. C’est pourquoi je leur rappelais régulièrement les buts auxquels j’étais particulièrement attachée. […] Par manque de rigueur, on en est donc venu à confondre des groupes inoffensifs avec d’autres qui présentaient un réel danger et se livraient à du prosélytisme pour recruter de nouveaux adeptes. Ce flou, cette imprécision, font qu’aujourd’hui on est plongé dans la confusion la plus totale. […] C’est pour rester fidèle à moi-même, à mes convictions, refusant le silence et la lâcheté, que j’ai accepté de m’associer à ce livre qui dénonce l’injustice dont l’AMORC a été victime en ayant été classé comme sectes. […] Il a suffi qu’une commission parlementaire, ou plutôt quelques députés d’une commission, le mettent à l’index dans un rapport, pour que l’opprobre, relayé par l’emballement médiatique, devienne une condamnation publique.

Préface de Janine Tavernier, secte sur ordonnance, par Serge Toussaint, 2006

L’année suivante elle formula des critiques encore plus prononcées à l’encontre de ses ex-compagnons de lutte :

“Oui, l’UNADFI a changé. Ses objectifs initiaux – ne considérer que les agissements qui portent atteinte à la liberté ou la dignité de la personne – ont été dévoyés. J’essayais de me battre contre ces dérapages, mais j’étais minoritaire. J’ai été attaquée parce que mes enfants étaient dans une école Steiner. On a prétendu qu’il s’agissait d’une secte !” L’ancienne présidente a été mise au ban par une partie du mouvement anti-sectes.

Janine Tavernier proclame toujours sa vérité sur les sectes, La Croix, 12 avril 2007

Sous cet article nous y trouvons deux commentaires de membres de différents ADFI qui réfutent ces propos :

Je suis bénévole à l’Adfi Paris-Île-de-France depuis plusieurs années. Je n’ai jamais entendu des propos tels que ceux rapportés par Jeanine Tavernier : “Il faut éradiquer l’idée de Dieu”. Au contraire, nous sommes extrêmement respectueux des croyances de chacune des victimes que nous recevons, nous essayons de comprendre ce qui les a amenés à se faire piéger par des groupes qui n’ont, la plupart du temps, que des façades religieuses et sont en fait de véritables escroqueries… J’ajoute que nous formons une équipe d’une trentaine de personnes avec des croyants et des non croyants, animées d’un très grand respect les uns pour les autres.

Claude Remond

Engagée à l’Adfi depuis sa création (30 ans), puis à l’Unadfi, je suis consternée par l’article. A l’origine de la rupture entre Janine et l’Unadfi, il est une confusion de vocabulaire : l’Unadfi est fidèle à sa ligne de conduite quand elle laisse chacun libre de ses croyances. C’est affaire de conscience personnelle. Mais une doctrine, c’est autre chose : dans les sectes, c’est l’ensemble de quelques convictions philosophiques, politiques ou religieuses érigées en système par un “gourou” qui en fait son mobile d’action et qui pour lui comme pour ses adeptes provoque les comportements dangereux qu’observe et réprouve l’Unadfi. D’où le souci de l’Adfi d’étudier les doctrines qui sont à l’origine de ces comportements.

Claire Guisnard

Pour y voir encore plus clair, j’ai donc contacté Marie Drilhon, présidente de l’ADFI Yvelines, avec qui j’avais déjà eu le plaisir de m’entretenir.

Madame Drilhon, vous avez bien connue Janine Tavernier et vous étiez présente lors de sa démission. Vingt ans ont passé. Avec ce recul, pouvons-nous constater que les critiques faites alors par madame Tavernier envers l’UNADFI étaient injustifiées ? 

Selon Nicolas Tavernier, « le rapport de la Miviludes ne s’appuie que sur le témoignage de monsieur Perra alimenté par trois ou quatre témoignages pourris et anonymes ».
Or les Adfi recevaient des signalements de comportements sectaires sur des écoles Steiner bien avant le témoignage de Grégoire Perra. Mais Janine Tavernier ne cachait pas son intérêt et son attachement à l’anthroposophie. Et c’est parce qu’elle était en désaccord avec la majorité du CA sur la dénonciation de ces comportements sectaires que Janine Tavernier, alors présidente, a quitté l’Unadfi et sa présidence en 2001 : elle considérait qu’il s’agissait d’une atteinte aux croyances et qu’il n’y avait pas lieu d’alerter. Sa démission correspondait à ses convictions, ce qui est respectable bien sûr. 

Mais il n’y a pas eu et il n’y a toujours pas de « chasse aux sorcières » dans nos associations, contrairement à ce qu’a pu laisser croire Janine Tavernier qui a choisi de présenter l’histoire à sa manière après sa démission. Rappelons que la mission des Adfi est la prévention et la défense des familles et des individus face à des comportements portant atteinte aux droits de l’homme, à la dignité humaine et aux libertés individuelles. Elles ne portent pas de jugement sur les croyances. Mais elles se doivent bien évidemment de connaître les croyances et doctrines qui induisent les comportements abusifs condamnables. Analyser pour comprendre et aider les victimes, pour informer et prévenir le public fait partie de leurs missions depuis leur création il y a presque 50 ans. 

Que souhaiteriez vous ajouter ?

Nicolas Tavernier argue du fait d’être le fils d’une ancienne présidente de l’Unadfi, Janine Tavernier, comme preuve d’un « savoir » sur les sectes… Etrange argument qui voudrait que la connaissance soit héréditaire et que les critiques et témoignages sur les écoles Steiner ne soient le fait que de personnes qui ignorent, elles, « ce qui est une secte et ce qui n’en est pas » !

Ceux qui s’en prennent aux lanceurs d’alerte sur les écoles Steiner, par exemple, ne mènent pas le bon combat, me semble-t-il. Si ces écoles contribuent vraiment à la formation de citoyens d’une démocratie, alors ils devraient pouvoir accepter les critiques et les débats et y répondre avec des arguments autres qu’affectifs ou ciblant les personnes. 


[1] L’anthroposophie est une néo-conspiritualité occultiste.
[2] Sur une décennie, ce n’est pas moins de six procès et appels que Grégoire Perra a subis. Il a à chaque fois été relaxé.
[3] La méditation régulière de ces mantras permettrait d’acquérir le pouvoir de clairvoyance.

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