Préambule
Cet article propose une lecture critique de l’entretien de deux médecins anthroposophes autour du thème « Thérapie au gui, complément ou alternative ». Il s’inscrit dans une série consacrée à la pseudomédecine anthroposophique, faisant suite au premier épisode : « Sources occultes de la pseudo-médecine anthroposophique »
Parmi les nombreuses pratiques dites “alternatives” de la pseudomédecine anthroposophique, la thérapie par le gui (Viscum album) occupe une place majeure, proposée aux patients atteints de cancer. Mais derrière son apparence de médecine intégrative naturelle se dissimule une vision du monde profondément ésotérique, héritée du fondateur de l’anthroposophie, Rudolf Steiner.
C’est dans les années 1920 que Steiner, en collaboration avec la docteure Ita Wegman (l’une de ses premières disciples et cofondatrice de cette “médecine”), élabore un traitement anticancer à base de gui blanc fermenté. Cette préparation, connue aujourd’hui sous le nom d’Iscador, est toujours produite et commercialisée par des laboratoires anthroposophiques comme Weleda ou Wala (Dr. Hauschka). On en trouve aussi des variantes comme AbnobaViscum ou Helixor, également utilisées dans certaines cliniques anthroposophiques. Ces extraits sont obtenus selon des procédés spécifiques mêlant fermentation, dilution homéopathique et respect des rythmes cosmiques (position des astres, saisons, cycles lunaires), conformément aux principes de la biodynamie.
Cependant, ce traitement repose avant tout sur une cosmologie spirituelle radicalement étrangère à la science médicale. Dans cette vision occultiste, le gui ne serait pas une plante ordinaire : il est considéré comme une “plante-animale”, un être intermédiaire qui ne s’est jamais totalement incarné sur Terre et qui aurait survécu à la dernière incarnation de celle-ci. En effet, selon Steiner, le gui proviendrait d’une époque préterrestre appelée “l’Ancienne Lune”, une phase antérieure de l’évolution planétaire. Pour cette supposée raison, il aurait échappé à l’influence néfaste du démon Ahriman, figure satanique de l’anthroposophie assimilée à une force de “densification matérialiste”. Là où le cancer serait le symptôme d’une emprise ahrimanienne sur l’organisme humain (rigidification, refroidissement, isolement du Je), le gui étant “non souillé”, agirait comme contre-force spirituelle de guérison.
Dans une interview parue en 2014 dans la revue anthroposophique Info3, deux figures majeures de ce courant pseudomédicale, le Dr Volker Fintelmann et le psychothérapeute Markus Treichler, exposent leur conviction : la médecine conventionnelle, fondée sur la chimiothérapie et la radiothérapie, ne guérirait pas réellement du cancer. À leurs yeux, seule l’approche fondée sur les indications prophétiques de Steiner, la thérapie par le gui, permettrait une véritable rémission, une guérison globale. Ils y découragent aussi leur patientèle de recourir à la chimiothérapie et à la radiothérapie. Des affirmations qui posent de graves questions éthiques, il s’agit d’une pseudomédecine qui mêle symbolisme ésotérique et occultiste, rejet des preuves cliniques, et réinterprétation spirituelle de la maladie.

Il convient de préciser que la revue Info3, destinée au réseau anthroposophique germanophone, s’adresse à un public acquis ou déjà sensibilisé à cette conception spirituelle du monde, ce qui explique la liberté et l’aisance quasi normatives avec lesquelles sont exprimées des positions particulièrement contestées, et problématiques.
Soigner ce qui n’existe pas encore
Dès les premières lignes de l’entretien, Volker Fintelmann revient sur une célèbre formule attribuée à Rudolf Steiner : le gui pourrait, un jour, “remplacer le scalpel”. L’image frappe, mais Fintelmann s’emploie à la rendre plausible en l’interprétant ainsi : le gui ne dissoudrait pas une grosse tumeur déjà formée, mais agirait le plus efficacement en prévention, avant même qu’elle soit détectable, avant même qu’elle ne se forme.
« La parole de Rudolf Steiner m’est devenue plus claire, une fois de plus, à savoir que le gui pourrait remplacer le scalpel : si on utilise d’abord le gui avant l’apparition de la tumeur visible. »
Fintelmann précise sa lecture de Steiner : pour une efficacité optimale il faudrait intervention en amont avec le gui, dans ce qu’il appelle un “parcours occulte” de la maladie, afin qu’elle ne puisse surgir. Traiter la manifestation karmique de la maladie avant qu’elle n’apparaisse.
« […] avec les affections cancéreuses, leur histoire commence entre 7 et 20 ans plus tôt, cette maladie a donc […] avant sa déclaration officielle, un long parcours occulte et donc caché. Et si l’on emploie déjà le gui pendant ce stade caché, on n’en arrive pas à la formation de la tumeur, et ensuite tout ce qui existe dans la phénoménologie du cancer se retire aussi. »
Markus Treichler complète : avant la tumeur, on observerait déjà des changements dans l’âme du patient, décelables par un regard thérapeutique “affiné”.
« Rudolf Steiner a pareillement fait allusion au fait que pour autant que l’on dispose d’une possibilité d’observer finement l’âme, on peut déjà y remarquer la naissance d’une maladie. Et donc, avant qu’une tumeur se soit manifestée, on peut remarquer des changements dans l’âme. »
Dès les premières réponses, nous entrons dans le terrain de la prophétie, et non dans celui de la médecine. Parler d’un traitement qui empêcherait l’apparition d’une tumeur, sans marqueur, sans symptôme, sans mesure, cela équivaut à proposer un soin pour une maladie qu’on ne peut ni diagnostiquer, ni suivre, ni prouver. Une maladie imaginaire, uniquement discernable par “l’observation sensible anthroposophique” de l’âme, le “savoir intuitif” du praticien.
Aucun protocole médical sérieux ne permet de diagnostiquer une maladie avant sa manifestation biologique observable, mesurable, détectable, encore moins de valider un traitement censé prévenir un mal invisible par essence.
En s’appuyant sur cette grille de lecture, la thérapie au gui devient un acte de foi thérapeutique, dans lequel la subjectivité clairvoyante du praticien et l’adhésion du patient tiennent lieu de validation, au mépris des méthodes de validation scientifiquement éprouvées.
La température corporelle de l’âme
Volker Fintelmann avance ici un exemple organique censé illustrer une perturbation précoce du cancer, selon lui :
« Le Je [Moi, l’âme] de l’être humain vit corporellement dans la chaleur. Et la relation à la chaleur est très précocément perturbée lors de l’affection cancéreuse. »
Dès lors, un dérèglement du rythme thermique quotidien serait le signe d’un cancer en devenir, avant même toute manifestation biologique détectable.
« Lors des affections cancéreuses, on peut constater […] une rigidité de la température […]. C’est un symptôme pour une affection cancéreuse naissante, non encore mesurable. Lorsqu’en tant que médecin, je vois cela, je dois déjà mettre en œuvre la thérapie par le gui. »
Une théorie vitaliste propre à l’anthroposophie, dans laquelle les variations de température ne sont pas seulement physiologiques, mais l’expression d’un principe spirituel incarné. Or, cette conception repose sur des catégories ésotériques comme les quatre différents corps (physique, éthérique, astral et le Je), qui n’ont aucun fondement reconnu en physiologie humaine, encore moins en cancérologie.
Quant à l’idée qu’une courbe de température linéaire annoncerait un cancer « non mesurable », cela ne repose sur aucune base clinique ou statistique validée. Une constante dans la médecine anthroposophique : projeter des notions spirituelles sur le fonctionnement corporel et psychologique, puis en tirer des indications thérapeutiques.
La maladie comme voie d’éveil
Dans la vision anthroposophique, la maladie est une manifestation karmique, un déséquilibre profond, souvent lié à la vie émotionnelle ou au développement du « moi intérieur » amenant à un déséquilibre des corps subtils (le corps physique, éthérique, astral et le Je). Elle n’est pas seulement un mal à éradiquer, mais un signal, une étape nécessaire sur un chemin de conscience.

La maladie exprimerait un désalignement de l’âme avec sa mission de vie, et qu’en retrouvant son individualité profonde, le processus pathologique pourrait être inversé.
« Amener un être humain touché, en particulier par le cheminement du dialogue thérapeutique et la voie de la thérapie artistique, jusqu’à découvrir ensemble avec lui : Quelle est en vérité ta détermination ? Nous devons trouver ce qui te rend indiscernable ! Ce cheminement n’est principalement jamais adopté dans l’oncologie conventionnelle, étant donné que c’est la tumeur extérieure qui est détruite. »
Cette conception caractéristique de l’anthroposophie, donne à la maladie une valeur pédagogique, initiatique. La maladie devient un catalyseur d’évolution intérieure, d’élévation spirituelle.
Des success stories isolées et non-démontrées pour preuves
Face à la question de l’efficacité réelle du traitement au gui, Fintelmann répond par un plaidoyer personnel : selon lui, la thérapie anthroposophique aurait connu “d’étonnants succès de guérison” dans les années 1950, avant d’être éclipsée par l’avènement de la médecine moderne, en particulier depuis “l’irruption de la chimiothérapie et la radiothérapie”. Il affirme que la recherche médicale aurait depuis délaissé ces approches, car elle s’intéresserait uniquement aux études statistiques, alors que la médecine anthroposophique se fonderait sur des cas singuliers et des “destinées singulières”.
« Moi-même je pourrais vous décrire et vous prouver aussi des douzaines d’histoires de guérison, à partir de ma pratique de longues années. J’ai accompagné de nombreux patients sur trente ans de travail à l’hôpital, et à l’occasion pas un seul d’entre eux ne dut suivre la chimiothérapie et la radiothérapie, mais au contraire tous ont suivi la voie de la thérapie anthroposophique avec le gui. »
Fintelmann rejette la méthode scientifique, il y oppose ainsi l’expérience individuelle du praticien à la rigueur des études cliniques contrôlées. Cette posture repose sur une confusion fondamentale entre témoignage clinique subjectif et preuve scientifique. Que certains patients aient rapporté des améliorations pendant ou après un traitement au gui n’implique en rien un lien de causalité prouvé, ni une efficacité généralisable.
La médecine moderne ne rejette pas les histoires et cas individuelles : elle cherche à les comprendre, mais à condition qu’elles soient soumises à des critères méthodologiques précis (groupes témoins, randomisation, reproductibilité, etc).
Fintelmann revendique par ailleurs que “pas un seul” de ses patients n’a eu recours à la chimiothérapie ni à la radiothérapie, mais qu’ils auraient tous suivi la voie anthroposophique, avec succès. Un tel propos, s’il s’avérait exact, mériterait une publication rigoureuse et une évaluation indépendante. À défaut, il relève du récit personnel, invérifiable et potentiellement dangereux s’il est pris au pied de la lettre par des patients vulnérables et en quête de soins efficaces.
« Le gui est une voie qui mène, selon mon expérience, à la guérison, tandis que la thérapie conventionnelle ne peut pas mener à une guérison. »
En refusant la démarche scientifique, en niant l’efficacité de traitements éprouvés, Fintelmann se donne le droit de conclure à la supériorité d’un remède sur la base d’éléments qui échappent volontairement à toute vérification. Une tendance typique des pseudosciences : présenter des success stories isolées comme preuve d’une efficacité globale, tout en rejetant les méthodes qui permettraient de les valider objectivement.
Chimiothérapie et radiothérapie, quand des traitements contredisent la doctrine
Interrogé sur la place de traitement complémentaire du gui, Fintelmann exprime sa déception : selon lui, le gui ne devrait pas se contenter d’un rôle d’accompagnement, mais constituer une véritable alternative à la médecine conventionnelle comme le préconisait Rudolf Steiner. Il admet toutefois que certains patients choisissent librement la chimiothérapie en y percevant “une certaine assurance”, et en poursuivant :
« Mais on doit à vrai dire percer à jour clairement la chimiothérapie pour ce qu’elle est : elle a originellement pris naissance comme une marcotte de la recherche militaire en guerre chimique […] lors d’essais pratiqués sur des êtres humains gravement malades, sur lesquels ces moyens de combats avaient été essayés et on avait constaté que chez eux, la tumeur régressait. »
Cela est particulièrement trompeur. Il est vrai que les premières pistes chimiothérapeutiques ont été explorées dans les années 1940, après que des médecins militaires ont observé que le gaz moutarde affectait les cellules de la moelle osseuse. Un cas de découverte par sérendipité, comme l’a été la pénicilline. Mais ces observations n’ont pas donné lieu à des essais délibérés avec des armes chimiques sur des patients, comme le sous-entend Fintelmann, mais à des recherches civiles dans un but explicitement thérapeutique. Le développement de la chimiothérapie s’est fait dans des cadres hospitaliers et universitaires (Yale, Sloan Kettering, etc) avec des essais cliniques structurés, et a évolué depuis en une discipline complexe et hautement régulée.
Disqualifier un traitement sur la base de l’origine historique de sa découverte, sans tenir compte de son évolution scientifique ni de son efficacité actuelle, relève d’une stratégie de dénigrement fréquente dans les discours pseudoscientifiques.
Plus problématique encore est l’affirmation suivante :
« La chimiothérapie est une méthode, selon l’évaluation que j’en fais, qui repousse la maladie dans un domaine occulte. De ce fait, certes, la tumeur disparaît ensuite, mais la maladie demeure. »
On assiste encore ici à une spiritualisation complète de la maladie selon une logique purement anthroposophique : la tumeur ne serait qu’un symptôme visible d’un déséquilibre spirituel que la chimiothérapie ne ferait que masquer ou “refouler dans l’invisible”. En d’autres termes, la destruction de la tumeur ne serait pas synonyme de guérison, puisque le mal véritable, d’ordre spirituel et karmique, persisterait. Le traitement anthroposophique est présenté comme seule voie vers une “vraie” guérison.
Mise en danger
Arrive ensuite LA question posée à Fintelmann :
« Déconseilleriez-vous à des personnes concernées une thérapie conventionnelle ? »
Voici l’intégralité de sa réponse :

Fintelmann reconnaît détourner ses patients atteints de cancer des traitements les plus éprouvés, en rejetant l’approche biomédicale au nom d’une conception ésotérique totalisante de l’être humain, telle que l’enseigne l’anthroposophie.
« Je dois même le déconseiller, parce que d’une certaine manière le traitement conventionnel ne prend en compte que les symptômes […] et non pas l’être humain entier. »
Une telle déclaration, contradictoire avec les principes fondamentaux de l’éthique médicale, pourrait de nos jours, à juste titre, faire l’objet de poursuites judiciaires. Peut-on réellement se rassurer lorsqu’il affirme, dans la phrase suivante, qu’il ne s’arroge pas le droit de décider pour autrui ?
Ici, la parole est totalement libérée, sans filtre : Fintelmann invoque une “instance plus élevée”, non définie mais implicite (dans le cadre anthroposophique, il s’agit du Christ), à laquelle seraient soumis le patient et le médecin :
« Ce qui arrive réellement sur cette voie, cela, ni vous […] ni moi […] nous ne le décidons, car il y a encore présente une instance plus élevée. »
Autrement dit, la décision thérapeutique ne reposerait plus sur un savoir médical ni sur une évaluation clinique, mais sur un principe spirituel supérieur, hors de toute objectivation possible. La guérison devient un acte de destin karmique et divin. Ce type de raisonnement déplace la responsabilité médicale vers un plan religieux, rendant toute évaluation méthodique ou scientifique du traitement fondamentalement impossible.
Fintelmann va jusqu’à affirmer qu’il ne peut pas imaginer “qu’un médecin anthroposophe soit réellement convaincu que la chimiothérapie ou la radiothérapie soient justifiées”. Autrement dit, tout professionnel authentiquement anthroposophe ne devrait pas croire en l’efficacité des traitements conventionnels, même s’il les applique.
Pour expliquer pourquoi certains médecins anthroposophes continuent à recourir aux traitements conventionnels, Fintelmann évoque une pression extérieure : celle de “l’opinion” et des “systèmes de certification”.
« La médecine est avant tout une science des opinions. »
Markus Treichler poursuit dans la même veine : si l’on suit simplement les “directives existantes”, on ne fait que se conformer ; selon lui, il faut du “courage” pour oser désobéir au consensus médical.
« Mais pour cela il faut du courage et fonder individuellement son action, si je ne suis que les directives existantes, je ne dois rien fonder. Il est important, en tant que médecin ou thérapeute, de développer ce courage. »
Traiter des patients atteints de cancer n’est pas un terrain d’initiation spirituelle. Ce que Fintelmann et Treichler présentent comme un acte de bravoure thérapeutique relève, dans les faits, d’un rejet idéologique du consensus scientifique, et d’un grave renversement des responsabilités.
Plus loin dans le détournement
En fin d’entretien, la dimension spirituelle et communautaire de la thérapie anthroposophique est pleinement assumée. Volker Fintelmann répond à une question cruciale : « Que doit faire un patient qui renonce à la chimiothérapie ? »
Sa réponse est sans détour : il lui faut du courage. Non pas pour affronter un cancer sans traitement validé, mais pour affronter… la peur elle-même, présentée ici comme un obstacle intérieur illusoire.
« L’angoisse peut être existentielle et insupportable […]. Mais elle n’a en vérité aucun fondement et […] se retire aussi. »
Fintelmann suggère de trouver “le bon médecin”, celui qui saura accompagner l’individu sur un chemin alternatif, débarrassé des impératifs de la médecine moderne. Ici le rôle du bon praticien n’est pas en premier lui de soigner une tumeur, mais d’aider la personne à “maîtriser sa maladie”, à retrouver son “propre chemin de vie”, avec l’aide de thérapies par le gui, de thérapies artistiques (art thérapie, eurythmie, dessin de formes) et d’un accompagnement psychospirituel.
« Guérir à partir de la communauté, c’est à proprement parler le cadre élargi dans lequel la thérapie au gui peut réussir. »
Cette dernière phrase de l’interview illustre parfaitement la logique de la pseudomédecine anthroposophique telle que défendue par Fintelmann et Treichler, une thérapie initiatique occultiste.
Conclusion
Cet entretien, mené par deux figures reconnues de la médecine anthroposophique, prend les allures d’une ode à l’abandon des traitements médicalement validés pour des maladies pourtant mortelles.
Dans le cas du cancer, dont le pronostic dépend étroitement de la précocité du diagnostic et de l’efficacité des traitements, de tels discours sont non seulement scientifiquement infondés, mais aussi délétères et éthiquement préoccupants. Encourager des patients à refuser la chimiothérapie et la radiothérapie, ou à retarder leur prise en charge, au profit de remèdes non éprouvés et de concepts spirituels invérifiables, expose à des pertes de chance significatives, voire à des décès évitables.
Que penser dès lors de l’utilisation de ce traitement dans certaines cliniques et hôpitaux en Europe ? Peut-on tolérer des approches médicales non validées, d’autant plus dans le traitement de pathologies aussi graves que le cancer ?
Face à ce type de dérive, il est urgent de rappeler que la médecine doit rester une pratique fondée sur des données probantes, au service de la santé et de la vie, et non un terrain d’expérimentation idéologique ou d’initiation spirituelle à des croyances dogmatiques.
Volker Fintelmann a été médecin-chef et responsable du service de médecine anthroposophique à l’hôpital de Hambourg-Rissen (devenu Asklepios Westklinikum).
Il est également fondateur d’un centre de formation à la médecine anthroposophique, le Carus Akademie (Hambourg).
Markus Treichler a été médecin-chef du service psychosomatique de la clinique anthroposophique Filderklinik (Filderklinikum). Cette clinique anthroposophique fait partie du réseau des hôpitaux anthroposophiques d’Allemagne, affiliée à la Medizinische Sektion du Goetheanum (centre de la Société anthroposophique universelle, à Dornach en Suisse). La Filderklinik est souvent citée comme référence par les défenseurs de la médecine anthroposophique.
Pour exemple de concept ésotérique qu’il transmet, ici dans son livre page 226 “Psychopathologie et vie quotidienne : crises et maladies du corps et de l’âme, comment les surmonter ” (édition aethera) :
« Lorsqu’un être humain manifeste des besoins bisexuels au-delà de puberté, c’est le signe que le sexe complémentaire n’est pas pleinement développé au sein de l’organisation de vie [le corps éthérique]. […] L’homosexualité peut avoir deux sources. Il arrive que la transformation sexuelle de l’organisation de vie [corps éthérique] à partir de la puberté ne s’accomplisse pas et que les intérêts et les besoins de la vie psychique proviennent d’une organisation de vie [corps éthérique] qui a le même sexe que le corps physique, […] il arrive aussi que le corps psychique [corps astral] soit trop fortement lié au corps physique et à son sexe, et fasse trop peu l’expérience de l’organisation de vie [corps éthérique]. »
Source Entretien complet « Thérapie au gui, complément ou alternative »





